
A la jeune inconnue de Cap’Santé
Hier, j’étais assise dans la salle d’attente d’un service de radiologie d’un petit centre hospitalier. Un lieu où l’on passe, où l’on attend, où l’on observe parfois sans vraiment regarder.
À quelques mètres, un monsieur très âgé, alité, attendait lui aussi son examen.
À ses côtés, une (très) jeune professionnelle de Cap Santé (c’est écrit sur le dos de sa veste ;).
Je ne connais ni son nom, ni son histoire.
Mais pendant un quart d’heure, j’ai été témoin d’un moment d’une rare douceur.
Elle l’écoutait.
Elle relançait ses souvenirs.
Elle l’invitait à revisiter des jours heureux, des visages aimés, des instants précieux.
Et lui parlait, encore et encore, jusqu’à même laisser couler quelques larmes, des larmes de joie, de mémoire, de vie passée.
À un moment, elle s’est approchée seule du bureau d’accueil, un court instant déserté par le personnel.
Elle a regardé les papiers de son patient et s’est exclamée toute souriante : Ah… mais c’est son anniversaire aujourd’hui !
Un sourire pour elle, pour lui, pour personne et pour tout le monde à la fois.
Ces moments m’ont profondément touchée.
Sans doute parce qu’il venait contredire tant de généralités entendues (encore la veille en réunion avec l’un de mes clients) sur cette “jeune génération” que l’on dit désengagée, insaisissable, difficile à manager.
Sans doute aussi parce qu’il rappelait que l’essentiel ne se mesure pas en KPI, mais en présence, en attention, en humanité.
Cette jeune inconnue m’a réconciliée, un instant, avec ce que le travail peut encore produire de plus beau. Des liens, de la dignité, de la tendresse discrète.
Alors aujourd’hui, j’ai envie de lui rendre hommage.
À elle, et à toutes celles et ceux qui, dans l’ombre des couloirs d’hôpitaux, des EHPAD, des services de soins,
continuent d’accompagner, d’écouter, de tenir la main, de faire exister l’autre.
Parce que ce sont ces gestes là qui, silencieusement, nous rappellent ce que signifie vraiment prendre soin.
Ces mêmes intentions qui nous rappellent aussi que lorsqu’on trouve sa juste place, que l’on est aligné avec ce qui nous anime profondément, on devient naturellement meilleur pour les autres.
