
LA REGULATION EMOTIONNELLE n’est pas une compétence douce.
On parle beaucoup d’intelligence émotionnelle. En pratique managériale, la dimension qui s’exprime le plus directement, c’est la régulation émotionnelle. Cette capacité à identifier, comprendre, réguler et mobiliser les émotions, les siennes comme celles des autres, pour travailler ensemble sans s’épuiser.
– Individuellement c’est un repère intérieur
Repérer une émotion dans son mental comme dans son corps, c’est déjà la réguler. Un agacement dans le ventre, une peur dans la gorge, une fatigue mentale… Nommer ces émotions est un premier pas vers plus de clarté.
– En management c’est un appui pour avancer ensemble
Dans mes missions, j’accompagne souvent des collaborateurs ou des managers traversés par des émotions fortes. Ouvrir un cadre à cette expression n’est pas toujours évident en collectif, ni en présence des personnes concernées. Mais avec le temps c’est possible et même plus facile en le ritualisant.
Dans un premier temps, je privilégie un espace plus intime et sécurisant : un échange court, au calme, pour poser ce qui se passe et nommer les faits.
Ce recul permet ensuite de revenir en collectif avec plus d’apaisement et d’ouverture au dialogue. Et c’est là que peut s’opérer le pilotage par les tensions : en abordant ce qui doit l’être et en ajustant le cadre si nécessaire.
C’est aussi créer des « sas » de décompression, une salle, un jardin… et surtout des temps propices et ritualisés à l’expression des émotions. Particulièrement pertinents dans des métiers d’accueil, d’aide ou de soins mais bénéfiques à tout environnement ou contexte tendu.
► Car la tension est ce qui s’installe quand l’émotion n’a pas été régulée. Et à défaut de s’exprimer sainement, elle fait place à l’irritabilité, aux absences, aux erreurs, au retard de projets, aux départs, à la perte de sens.
En quoi c’est essentiel ?
Valoriser le développement de l’intelligence émotionnelle au sein des équipes et l’intégrer dans les pratiques de régulation managériale, permet de faciliter :
– le passage des situations difficiles
– la qualité de vie au travail
– les relations interpersonnelles
– et la coopération au quotidien
La régulation émotionnelle, une compétence encore discrète, mais profondément utile.
