
Ralentir pour mieux être et mieux soigner.
Envie de partager sur ce besoin que nous ressentons tous parfois de nous poser… alors que nous avons tant à faire.
Ce besoin de pause parasité par un sentiment d’urgence qui ne vient pas seulement des projets ou des délais imposés. Il naît surtout de notre propre perception :
– de ce qui est vraiment urgent, important, de la réactivité que nous pensons devoir avoir,
– de la pression que nous construisons nous-mêmes.
Je n’ai pas le temps ! est bien la première phrase qui devrait nous alerter de notre besoin à la pause. Combien de fois l’entendons-nous ? La disons-nous ?
Il n’y a que très récemment, malgré mon statut d’indépendante, que j’ai pris conscience que ce temps ne me serait octroyé que par moi-même. Je suis la seule à pouvoir m’autoriser le temps que je souhaite consacrer à mes activités de détente.
JE fais le choix de ce qui m’occupe.
Acculés par des activités, entre ou durant lesquelles, il ne nous est pas possible de respirer, de prendre du recul, d’insérer du ralenti, nous devons nous poser quelques questions :
- Suis-je contraint de faire toutes ces activités maintenant ? Aujourd’hui ? Cette semaine ?
- Lesquelles sont indispensables ? Desquelles puis-je me détacher ? Lesquelles puis-je déléguer ?
- En quoi chacune d’elles m’est importante ?
- Qu’est-ce qui est important pour moi de retrouver pour aller mieux dans ma vie ?
Ne sentez-vous pas aussi que se détendre est une pratique quotidienne et de tous les instants ? Qui fait partie de l’activité à proprement parler ? Je m’explique. Alors que tout nous pousse à agir dans la précipitation, à apporter une solution en l’instant, le plus efficace dans la majorité des situations sera… de ne rien faire, de temporiser.
Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il faut dire non à tout ! L’idée est plutôt d’inverser notre tendance à réagir en la remplaçant par notre capacité à anticiper et prévenir. Choisir du temps privilégié et qualitatif pour chaque chose donne un rythme différent, plus adapté à nos propres fréquences. Cela nous fait enfin basculer du temps subi au temps choisi.
Penser que nous n’avons pas ce libre arbitre est une erreur dans la grande majorité des situations que nous vivons. Cela peut jusqu’à nous faire passer à côté de notre vie. A côté de l’essentiel pour soi, mais aussi pour nos proches et ceux que nous avons choisis d’accompagner.
J’ai moi aussi connu le rythme des sollicitations incessantes et de toutes natures. Comment faire le tri alors, de ce qui est vraiment important et urgent dans ces moments-là ? C’est tout simplement impossible ! On ne peut véritablement prendre la main que dans les temps choisis. Pour cela, il suffit de les planifier et de les respecter autant que possible ! C’est comme cela que j’ai transformé des situations d’urgence (qui n’en étaient pas vraiment) en situations d’écoute et de communication positive.
Je lisais il y a quelques jours un exemple très représentatif du temps choisi dans notre vie quotidienne. Attendons-nous que notre enfant ait une carie avant de l’amener consulter un dentiste ? Si vous répondez oui, c’est que vous avez développé vous-même une phobie du dentiste !
Poser le rythme et se donner du temps à la détente nous rend plus apte et plus affiné dans nos réflexions et dans nos actions. Plus aptes aussi à utiliser notre réactivité pour les vrais moments d’urgence. Et ils sont rares : seuls les soignants et les secouristes savent vraiment cela.
Alors utilisons cette conscience de l’urgence pour améliorer notre capacité à nous écouter et à nous poser autant de fois que cela nous est nécessaire.
Si, au lieu de courir plus vite, nous choisissions enfin de ralentir un instant ? Respirer, se poser, prendre du recul.
Parce que c’est précisément dans ces moments que l’on retrouve la clarté et l’efficacité.
